Je suis tombée dans le foot par pure passion ...
Les matchs de Bordeaux sur canal + ... et non ce n'est pas le jeune wiltord qui m'a impressionné à l'époque.
Je regardais toujours la défense ... ils font un boulot incroyable ces défenseurs !
Il était bon ce Nino ...
Les 1er match de la coupe du monde ; il était là aussi Nino.
Moi ? pour la coupe du monde j'étais sur une île ... je n'ai en aucun cas participé à cet élan populaire
Moi ? pour le but de wiltord à l'euro ? j'étais sur la terrasse avec mon chien - je ne l'ai même pas vu ...
Alors ?
Mais je m'en foutais car j'admirais Nino
j'écoutais les matchs de Sochaux à la radio en cachette
J'ai bien cru que je n'irais jamais de ma vie à Bonal ... parce que tout le monde s'en foutait
De moi ou de ma passion ? surement les 2
Le foot, il y a les gens qui y jouent pour s'en sortir, et ceux qui y croient pour ... s'en sortir
Partout, ils disent que Nino est un mec incroyable, et lui ?
Nino il dit qu'il veut qu'on l'admire vraiment en tant qu'homme - c'est fabuleux !
A l'époque, j'ai mis des années avant de poser mon cul dans un stade, alors je n'osais même pas imaginer autre chose.
Mais j'en rêvais ... et j'ai pleuré le soir de ce Sochaux/Monaco au stade de France.
Il l'a marqué ce penalty ... NINOOO !
Au lycée, j'ai rencontré des gens avec qui parler foot, avec qui vivre foot
Et j'ai rencontré les footeux ... , ces jeunes en classe foot qui rêvent de tout et qui n'en feront rien.
Le lundi aprèm, on refaisait les matchs en art pla avec adeline
Un lundi, oué c'est là qu'on a eu l'idée de partir à Auxerre ... pour ... Djibril !
C'était son rêve, un peu le miens, et c'était une idée fabuleuse !
Un déluge ! Mais un souvenir indélébile (à l'image de la trace laissée sur le t shirt de mexes hm hm)
Et puis moi, j'ai enfin approché Nino, lors de la plus magique des compet ; la coupe de france !
Apeurée, pas d'autre mot ...
A la fin du match il a été exceptionnel, mais aucun mot ne m'est venu !!
Mais il est fort Nino, il avait tout compris et ne m'a jamais laché du regard jusqu'à ce que son bus s'éloigne.
Je l'admirais, je l'aimais pour être ce joueur exemplaire, pour être receptif aux autres.
J'aurais du hurler et ne jamais garder ça en moi ... cette frustration, cette haine, cette rage
Mais à cet instant, c'était fait, trop tard, j'allais me battre
Pour ma passion, pour Nino, parce qu'on lui doit bien ça, pour tous les autres aussi.
En tant qu'homme ? ce sont des sportifs, c'est un métier .... et alors ?
J'ai jamais aimé les maillots de foot, mais celui de Nino si !
Je l'ai trainé partout et porté fièrement ; un maillot blanc de guingamp ... c'est si bon d'afficher son nom !
J'ai quitté le lycée, Nino a quitté la France et j'ai perdu probablement tous mes repères.
Dans une autre ville, mais j'ai rencontré cécé et là ... on ne s'est pas contenté de refaire le match le lundi aprèm
J'avais 18ans, il était temps de penser à écrire l'histoire !
J'ai bouffé du Bonal et des entrainements à n'en plus finir.
On en rêve tous en secret, de les rencontrer vraiment ! eux !
Comme si ça allait tout changer, comme si c'était extraordinaire
Comme s'ils avaient fait plus que certains autres, mais dans un certain sens c'est eux qui nous ont sauvés alors ...
Lyon ... l'olympique lyonnais !!! oui, finalement c'était aussi beau qu'on se l'imagine !
Je me souviens un jour qu'en trainant sur le forum de Djib quelqu'un parlait d'un "nino" en voulant parler de wiltord et J'avais eu la haine ... pour ce mec qui osait avoir le même surnom que "nino" !
Et puis cet autre nino est arrivé, il en imposait comme personne d'autre ...il m'a inévitablement fait pensé à djibril ...
C'est ça le destin des nino ? laisser une trace dans ma vie ?
Nino saveljic c'était un vieux rêve ... un vieux cauchemar ; celui que tu respecteras toujours plus que les autres ... Parce que sans lui t'aurais jamais rien compris au foot et tu n'aurais jamais trouvé ça beau.
C'est si beau quand ça reste simple, le mental d'un joueur c'est si beau aussi ...
J'ai enchainé l'overdose avec cécé, les avants match, les matchs, les après matchs, les déplacements, les entrainements, les extra du sport ...
Les équipes ont défilées, les joueurs aussi, certains plus humains que d'autres.
Des histoires toujours plus bizarres, des tonnes d'anecdotes ... des centaines de photos.
J'ai grandis ... j'ai arrêté d'avoir peur, j'ai commencé à bien les aimer, à avoir envie d'en revoir certains, à aimer certaines équipes plus que d'autres.
Un soir, j'ai demandé à Laslandes des nouvelles de Nino, c'est son meilleur ami alors ... et Lilian lui a téléphoné, il lui a parlé de moi et lilian m'a promis de glisser une petite lettre 2 jours plus tard lorsqu'il mangerait avec lui.
Lilian, il a été exceptionnel, il m'a rappelé comment il était Nino, que je ne devais pas attendre de réponse ; mais que ça lui fait toujours plaisir - Tout ça, je le connaissais par coeur, mais son intention protectrice m'a touchée.
C'est aussi terriblement humain le foot ...
J'ai découvert toutes les places de Bonal et les matchs me paraissaient de plus en plus fade.
Alors, avec cécé on se refaisait l'avant match dans le match ! Un jeu qui nous prenait 90min et que nous trouvions palpitant !
Avec Seb et cécé, on a fait des paris, et puis on faisait les revanches au tennis ... en double pas très équitable !
La logistique nous prenait la semaine ! et peu importe !!
On était étudiantes infirmières et on en bavait vraiment à l'école ou en stage ...
Alors quand moi et cécé on était en stage ensemble, il suffisait qu'on se croise pour parler foot !!
Un jour, en réa néonat, cécé est arrivée et m'a balancée le journal "lit moi ça" et puis on a filé à "Entrevue" pour voir le film "Substitute" ... c'était ça mes plus belles années !
Nous n'avions pas de limites ... juste l'envie d'en profiter parce que quand on était goss ...on s'est dit qu'on aurait jamais ça ... une part de rêve, et la reconnaissance surtout.
L'autre nino ... il est venu là sans qu'on l'attende, sans qu'on le veuille, à une période où ... on vivait pour déconner !
Mais ça c'est une autre histoire.
Parce que, dans ma nouvelle maison, un soir de décembre, juste avant noel, NINOOO est descendu du bus bordelais !
Je ne devais pas être dehors, et il ne devait pas être là !
Il y avait dans ma voix le ton de la surprise et de l'émotion
Je n'ai jamais tutoyé NINO, je le respecte comme personne d'autre.
Il n'avait pas changé, je ne lui ai pas laché le bras, il sentait bon, il était en costard et il parlait avec cet accent inimitable.
Sa vie, son boulot, le Monténégro, ça faisait du bien d'avoir de ses nouvelles.
Il a rejoint son taxi, il s'est retourné, mon regard le suivait toujours ; il est monté, il a ouvert la vitre, et il a gardé sa main en l'air jusqu'à ce que je ne le vois plus.
Il n'allait pas loin, il allait en vieille ville, il revenait ici.
Parce qu'il y a habité, parce qu'il était un des seul à y vivre.
Mais désormais, les choses avaient changées et c'était aussi ma ville.